Le co-développement est un dispositif que nous avons découvert et expérimenté lors du passage de la certification de coach professionnel.

L’épreuve était organisée sur deux jours : le premier jour était dédié à l’examen alors que le deuxième réunissait les candidats autour d’ateliers de co-développement sur le thème de l’après-certification.

Le co-développement est une démarche dans laquelle tous les membres d’un groupe vont pouvoir bénéficier de l’expérience et l’expertise de chacun. Il met en œuvre l’intelligence collective du groupe pour résoudre un problème, une préoccupation ou travailler sur un projet.

Je vous laisse imaginer : pendant plus de six mois, nous avons développé la posture de coach. Nous avons travaillé la position basse et l’écoute active. Nous avons appris à nous concentrer sur le coaché et sur son propre cheminement et non sur les conseils qui pourraient nous venir à l’esprit.

Et ce jour-là, au lendemain du passage de l’examen, on nous demande de donner des conseils ?!
Sur le moment, cela m’a fait sourire… Néanmoins, je me suis vite prise au jeu, curieuse de voir comment cela pouvait se mettre en œuvre et ce que cela pouvait apporter.
Au final, je dois avouer que c’est d’une efficacité redoutable. A condition de bien poser le cadre et de bien l’animer.

En effet, si le co-développement a pour but de générer des solutions, c’est avant tout un espace structuré dans lequel une relation d’entraide va se créer. Le climat de bienveillance va mettre les participants en situation de pouvoir donner des conseils et de les recevoir : le cadre va ainsi permettre d’écouter, d’être écouté et cela sans se sentir jugé. Enfin, il plonge le groupe dans une dynamique d’action, dynamique que l’on retrouve dans le cadre du coaching.

Quelques temps plus tard, nous tentons l’expérience chez SQLI, à l’occasion d’une demande émise par des membres de la communauté de pratique agile. Cette communauté réunit toute personne souhaitant partager sur l’agilité (REX, expérimentation d’ateliers, …).

Le développement du produit sur lequel intervenait une équipe Scrum était stoppé pour quelques semaines et les membres de l’équipe demandaient de l’aide à la communauté pour les conseiller sur la façon de réinvestir ce temps libre.

Nous leur proposons donc d’organiser un atelier de co-développement d’1h30. Nous posons le cadre, déroulons l’atelier sans oublier de clôturer par un tour de table pour avoir le retour des participants.

Cadre et déroulé

  • 3 rôles
    • Le ou les clients : les personnes qui ont le problème/la préoccupation/le projet
    • Les consultants : ils répondent à la demande
    • L’animateur : il s’assure que le cadre et les rôles soient respectés ainsi que le timeboxing
  • 3 conditions à respecter pour que l’atelier soit réussi :
    • La bienveillance
    • Le non-jugement
    • Parler vrai
  • 6 étapes
    • Exposé : le client présente le sujet, les consultants écoutent – 5/10 min
    • Clarification : les consultants peuvent poser des questions auxquelles le client répond – 15 min
    • Contrat-demande : le client émet la demande, c’est-à-dire ce qu’il attend des consultants – 5 min
    • Consultation : les consultants conseillent le client. Ce dernier écoute et prend note – 45 min
    • Plan d’action : parmi les conseils émis, le client fait son choix et réalise son plan d’action – 10/15 min
    • Synthèse : le client présente son plan d’action aux consultants – 5 min

La durée des étapes est donnée à titre indicatif pour une séance d’environ 1h30.

Nos recommandations

  • Les sessions durent généralement entre 1h30 et 3h00 et peuvent être planifiées de manière récurrente.
  • Pour les créneaux récurrents, passer en revue les actions de la session précédente au début de la session suivante.
  • Le nombre minimal de participants est de 5, dont 3 consultants. 12 personnes maximum.
  • Essayer de réunir des personnes (clients et consultants) qui ont à peu près le même type de demande voire la même demande. Pour cela, il est nécessaire de connaître le sujet – même dans les grandes lignes – en amont de l’atelier.
  • Faire des demandes fortes, en utilisant le présent :
    • Pour la demande faite aux consultants : « Je vous demande de m’aider à… »
    • Pour les conseils donnés au client : « Je vous conseille de… »
  • Bien s’assurer que la demande est claire et comprise par les consultants.
  • La phase de consultation a pour but de générer une quantité de solutions. Il ne s’agit pas d’un débat entre les consultants ou avec le client sur la pertinence des propositions. Le client écoute et prend note des conseils émis. Il peut toutefois demander des éclaircissements en cas d’incompréhension. Il choisira par la suite de les mettre en œuvre ou non. Recadrer les discussions si elles s’orientent dans le sens d’un débat.
  • Le plan d’action doit contenir les échéances.
  • L’animateur peut, lui aussi, donner des conseils. Il faut toutefois qu’il soit vigilant à ne pas délaisser son rôle premier.
  • L’animateur doit s’assurer que tous les consultants se sentent libre de s’exprimer et qu’ils disposent de l’espace nécessaire pour le faire.
  • Le cadre peut paraître trop rigide à première vue. Nous vous conseillons de l’expérimenter tel quel afin de vous en faire une idée et d’en retirer tous les bénéfices. Par conséquent, le rôle d’animateur est très important.

Le retour des participants

  • « Le format où les consultants conseillent sans qu’il y ait de débats entre eux ni avec le client a permis de générer une quantité d’idées : cela n’aurait pas été possible si les débats entre participants avaient été permis. Nous n’aurions pas eu autant de conseils. »
  • « Le fait d’entendre les idées des autres consultants permet de générer de nouvelles idées. »
  • « La quantité d’idées sans débat a facilité le choix du plan d’action. »
  • « La diversité des consultants et le fait qu’ils soient extérieurs au problème permet d’avoir des propositions très variées. »
  • « Le fait d’avoir des rôles bien définis et de les avoir respectés a facilité le débat. »
  • « Avant cet atelier, nous avions l’impression de subir la situation, maintenant elle semble plus claire et nous sommes force de proposition. »
  • « C’est un format d’atelier qui est reposant, car on sait qu’il n’y a pas besoin de parler plus fort que les autres ou de s’imposer pour avoir la parole. On n’en ressort par frustré car on n’a pas réussi à s’exprimer. C’est très agréable. »

 

Comme vous l’aurez compris, lorsque le cadre est posé et lorsqu’un facilitateur est présent, l’atelier de co-développement se déroule naturellement. Alors n’hésitez pas vous aussi à tenter l’expérience et partager vos apprentissages.